Bases    théoriques

 

 

   Le principe fondamental de toutes les médecines Traditionnelles, que ce soit la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC), Indienne (Ayurvéda), ou Européenne (Hippocratique), est d'utiliser un Raisonnement Analogique, mnémotechnique, qui consiste à classer les symptômes du patient en fonction d'un référentiel préétabli.

 

   En Acu-AnMo nous utilisons le référentiel Traditionnel Yin/Yang, simple - mais  non simpliste : toute l'informatique est également construite sur une base binaire.

 

   Yin et Yang ne sont pas des substances, mais des qualificatifs.

 

 

Yin & Yang

 

   Il est par exemple classique de distinguer deux sortes d'énergie, l'énergie Yin et l'énergie Yang, ou plus exactement l'aspect Yin de l'énergie et son aspect Yang.

 

   L’énergie (Qi) a, comme toute chose manifestée, deux aspects, relatifs l’un par rapport à l’autre. Ainsi l’énergie a un aspect plus chaud, plus subtil, que l’on appellera Yang, et un aspect plus froid, plus grossier, presque matériel, que l’on appellera Yin.

 

   Pour mieux comprendre ces notions abstraites - et purement mnémotechniques - l’analyse des idéogrammes qui permettent de les écrire, semble une bonne approche.

 

   Analyse des idéogrammes :

   La figure de gauche, commune aux deux idéogrammes, représente une colline.

 

   La graphie de Yin est l'assemblage de trois mots :

1- ‘maintenant il y a’ (donc sujet à changement)

2- 'des nuages' (obscurité passagère, froid, humidité)

3- ‘sur la colline’

ce qui indique que cette colline est obscurcie et refroidie momentanément par des nuages.

   Le Yin représente donc ce qui plus ou moins passagèrement est obscur, froid, humide, etc

   

   Alors que dans l’idéogramme Yang nous voyons le soleil qui se lève à l'horizon (état transitoire également) : les rayons du soleil levant éclairent, réchauffent, assèchent la colline.

 

   Il y a donc un changement d'apparence d'une même chose, la colline donnée comme exemple.

   Il s’agit de la même colline. On peut donc dire que :

 

1) Le Yin et le Yang se réfèrent à 2 aspects d'une même chose à des moments différents (ou de 2 choses au même moment), ce sont des qualificatifs, qui varient ; ce sont des descriptions et la comparaison de deux aspects qui ne sont opposés que comme les deux faces d’une même pièce de monnaie. Cependant Yin et Yang peuvent aussi qualifier 2 choses différentes au même moment. 

 

2) Il y a transformation permanente du Yin en Yang et du Yang en Yin, puisque les nuages ne sont là que momentanément (après la pluie, le beau temps… et inversement) ;

 

3) les notions de Yin et Yang ne sont pas absolues, mesurables : le Yin est seulement plus sombre, plus humide, plus froid, etc. que le Yang, qui est plus clair, plus chaud, plus sec, etc. que le Yin.

Le Yin n’est pas sombre de façon absolue : ce peut être l'ombre par rapport au plein soleil ou l'obscurité de la nuit par rapport au jour. Yin et Yang sont des notions relatives.

 

Le Yin n'est défini que par rapport à son opposé Yang, et le Yang par rapport au Yin, et non pas par rapport à un étalon invariable comme le mètre, le kilogramme ou l’heure ; le Yin est simplement plus sombre que le Yang, que tout soit sombre ou clair ; autrement dit, le Yang est simplement plus chaud que le Yin, dans le cadre d’un ensemble chaud ou froid ; il ne s’agit pas de température absolue (ces quelques qualificatifs - chaud/froid, sec/humide, clair/obscur - ne sont d'ailleurs que des exemples, la dualité étant aussi infinie que la manifestation, l’univers lui-même et tout ce qui le compose.

 

4) Il n’y a donc pas de Yang sans Yin, et réciproquement ;

 

5) Il faut définir le critère ou l’objet qualifié de plus Yin ou plus Yang (ici c'était la colline), soit par rapport à un autre objet, soit par rapport à un autre moment, ou définir les deux aspects d’un même objet, pour les qualifier l’un de Yin, l’autre de Yang.

 

6) Ce qui était Yang peut devenir Yin et inversement : quand le soleil se lève la colline devient plus claire et plus chaude (Yang) que quand elle est recouverte de nuages (Yin) ou la nuit (Yin par rapport au jour, Yang, comme la lune est Yin par rapport au soleil qui est Yang).

 

Tout change, tout se transforme, rien n’est permanent, tout est relatif. Ici c’est le temps sur la colline qui est le critère qui varie : tôt ou tard le Yin deviendra Yang, puis le Yang redeviendra Yin.

 

7) Tout ce qui existe est Yin ou Yang par rapport à quelque chose.

 

8) Du point de vue énergétique le Yang mobilise le Yin, le Yin stabilise le Yang.

 

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   Yin et Yang sont donc relatifs par rapport à un critère donné, qu'il convient toujours de définir.

 

   Prenons un exemple qui va jusqu’au paradoxe apparent pour illustrer la relativité et la nécessité de définir ce par rapport à quoi on qualifiera quelque chose de plus Yin ou de plus Yang.

 

a) dans la référence creux-plein, ce qui est creux est plus Yang que ce qui est plein (qui est donc plus Yin);

b) dans le cadre référentiel mobilité-immobilité, ce qui s’écoule est plus Yang que ce qui est fixe, plus Yin.

 

Observons un vaisseau sanguin et le sang qui coule dedans. Selon le référentiel choisi le vaisseau peut être Yin ou Yang, et de même pour le sang.

 

1er référentiel : creux-plein : le vaisseau est creux, le sang plein. Dans ce cadre spécifique le vaisseau est Yang par rapport au Sang, qui est Yin par rapport au vaisseau dans lequel il coule ;

      2e référentiel : mobile-immobile : le vaisseau est

      fixe, le sang s’écoule. Dans ce cadre spécifique le  

      vaisseau est Yin par rapport au Sang qui cette fois

      est Yang par rapport au vaisseau dans lequel il coule…

 

   De même la voiture noire est Yang dans le référentiel haut (Yang) – bas (Yin), mais Yin dans le référentiel clair (Yang) – obscur (Yin) ...

 

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L'énergie (Qi)

 

   L'énergie circule partout dans le corps : c'est elle qui permet la vie. Elle semble néanmoins plus concentrée sur certaines lignes, que l'on a appelé méridiens (traduction du terme chinois Jing). Ceux-ci sont au nombre de 12 de chaque côté du corps, symétriques par rapport à la ligne médiane. C'est sur leurs trajets que l'on trouve les points qui permettent si besoin de réguler et de répartir l'énergie : ce sont les points dits d'acupuncture, environ 360 en tout.

 

   L'énergie, puisque nécessaire à la vie, circule aussi de part et d'autre des méridiens : ce sont les territoires cutanés, chaque méridien irriguant une partie de la peau.

   L’énergie ne reste donc pas confinée au méridien : comme le Nil elle déborde de part et d’autre, de façon à ce que toute partie du corps soit imprégnée d’énergie. La seule différence, est qu’au lieu d’être un phénomène saisonnier, comme pour le Nil, le flux énergétique de part et d’autre du méridien principal est permanent.

 

   Pour la même raison l'énergie circule aussi en profondeur, notamment au niveau des muscles. Il y aa donc 12 groupes de muscles, chacun en rapport avec un méridien.

 

   Le Méridien principal est donc une sorte de vecteur où l’énergie est un peu plus dense, entraînant avec elle l’énergie située de part et d’autre, latéralement et en profondeur, et ce dans les deux sens, un peu comme du courant alternatif.

 

   Les méridiens principaux sont reliés énergétiquement par des méridiens secondaires dits de communication (Lo ou Luo).

 

   Certains petits orifices de la peau (xue) servent donc à régler les perturbations éventuelles sur les voies de communication : ce sont les points d’acupuncture. Ils sont comme les regards de voirie modernes, par lesquels on règle en surface tous les moyens de communication ou de transport souterrains : arrivée et évacuation d’eau, gaz, électricité, téléphone (donc fax & internet), télévision par cable, etc….

 

   Le thérapeute peut ainsi influencer la circulation d’énergie à tout endroit par ces points cutanés spécifiques.

   Lesquels se situent d’ailleurs parfois très à distance de la partie du corps sur laquelle ils agissent, de même qu’un commutateur électrique peut se trouver près ou loin de la lampe qu’il allume.

 

   Si le diagnostic énergétique a été établi correctement, le choix du point à stimuler découle directement de celui-ci, et non de 'recettes' symptomatiques et décevantes.

 

   En Acu-AnMo nous ne piquons pas les points : nous les stimulons en douceur à l'aide d'un stylet (voir photo ci-dessous).